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TEXTES
Jean Nouvel
Jacques Vergès
Nicolas Bourriaud
Jean-Luc Monterosso
Philippe Perrin vs Adelina
   von Fürstenberg

 

Philippe Perrin, deuxième round
Jean-Luc Monterosso
Directeur de la Maison européenne de la photographie

Considérant que l'art n'a pas de frontières et qu'un artiste peut indifféremment exposer et s'exposer dans une kunsthalle, une église ou un magasin de porcelaines, c'est la Maison Européenne de la Photographie que Philippe Perrin a choisi d'investir une nouvelle fois, après les "Mystères de Paris" présentés en 1999. Subversive, provocante, l'oeuvre de Philippe Perrin remet en question notre rapport à l'art. François Villon, le Caravage, Louis Mandrin, Arthur Cravan, Mesrine composent un panthéon sulfureux qui nourrit son inspiration. S'inventant une légende noire et dorée, il est la figure virevoltante d'un monde où se mêlent fiction et réalité. Flingues, lames de rasoir, menottes, couteaux géants, couronnes d'épines sont autant de sculptures irradiant la galaxie Perrin.
La photographie y est traitée sur le même plan que la sculpture, le dessin, la vidéo ou l'installation. Elle est le miroir décalé qui dresse l'autoportrait d'un artiste tour à tour voyou, brigand, boxeur, victime. Pratiquant, comme le souligne avec pertinence Nicolas Bourriaud, "le dérèglement de l'image de soi", Philippe Perrin est sans doute aujourd'hui l'un des rares agitateurs à donner du sens et de la beauté à n'importe quel fait divers, que celui-ci soit auréolé de mystère ou marqué au fer rouge des trafics les plus louches. Loin d'une rétrospective qui, telle une pierre tombale, figerait à jamais une oeuvre pleine de vie et de mouvement, cette exposition se veut plutôt une synthèse personnelle. Elle retrace l'itinéraire d'un artiste hors normes qui sait danser avec allégresse et humour audessus des abîmes et pour lequel « chaque exposition est une petite mort, et chaque oeuvre une nouvelle naissance ».




Philippe Perrin, round two

Jean-Luc Monterosso
Director, Maison européenne de la photographie

Given that art knows no frontiers and that an artist can exhibit his work and himself indifferently in a kunsthalle, a church or a china shop, Philippe Perrin has once again chosen the Maison Européenne de la Photographie as a venue, having presented «Les Mystères de Paris » here in 1999. Philippe Perrin's subversive and provocative work challenges our relationship to art. François Villon, Caravaggio, Louis Mandrin, Arthur Cravan and Mesrine form a lurid pantheon from which he draws his inspiration. Inventing a dark, golden legend for himself, he is the unpredictable denizen of a world where fiction and reality blend into one. Guns, razorblades, handcuffs, giant knives and crowns of thorns are the sculptures that people Perrin's galaxy.
Photography is treated in the same way as sculpture, drawing, video and installations. It is the off-kilter mirror that reflects the self-portrait of an artist who is by turns a ruffian, a brigand, a boxer, and a victim. Carrying out, as Nicolas Bourriaud aptly terms it, a « dysfunctioning of the self-image », Philippe Perrin is probably one of the few agitateurs to give meaning and beauty to any trivial piece of news, whether it be shrouded in mystery or redolent of the shadiest dealing. Rather than a retrospective which, like a tombstone, would freeze forever a body of work that is full of life and movement, this exhibition is intended to be a personal synthesis. It traces the career of a nonconformist artist who is able to dance blithely and with great humour over the abyss, and for whom « each exhibition is a small death, and each work a new birth ».